Ostéopathie et endométriose


À l’occasion de la journée mondiale contre l’endométriose, Delphine Lhuillery, médecin de la douleur, explique les bienfaits de chaque méthode.

Le traitement de la douleur engendrée par l’endométriose est un enjeu crucial. Peu connue du grand public, la maladie touche pourtant 10 à 15 % des femmes en âge de procréer, soit environ deux millions de Françaises. Elle provoque des souffrances pendant les règles, les rapports sexuels, ou au quotidien. «Au début, les patientes décrivent des douleurs insupportables pendant les règles. Au cours du temps, elles ressentent un pic d’intensité pendant les menstruations et la zone douloureuse s’étend jusqu’à la zone abdominale, le système digestif et les lombaires par exemple», explique le Dr Lhuillery, médecin de la douleur au Centre de l’endométriose du Groupe hospitalier Paris Saint-Joseph (GHPSJ). Dans ce centre, Delphine Lhuillery s’attèle à trouver des méthodes non médicamenteuses, ostéopathie, mésothérapie ou encore sophrologie, adaptées aux besoins de chacune des patientes. L’idée n’est pas de décrier les solutions actuelles- traitement hormonal, anti-inflammatoires et chirurgie- mais de proposer un complément, en traitant la cause plutôt que le symptôme.

Une douleur à trois dimensions

Les souffrances dues à l’endométriose ne s’expliquent pas par un seul mécanisme mais trois : physiologique, corporel et psychique. À la base, elles viennent d’une inflammation pendant les règles mais pas seulement. La maladie entraîne aussi une irritation des petits nerfs situés autour de la région de l’utérus. Pour soulager les femmes qui souffrent uniquement pendant leurs règles, on recourt aux anti-inflammatoires ou au traitement hormonal. En supprimant les règles, ce dernier évince une première source de douleur. Pour celles qui souffrent au quotidien car l’inflammation durant les règles entraine une irritation des nerfs, on utilise des anti-dépresseurs à visée antalgique. Mais ces nerfs irrités entraînent également une immobilisation des tissus et des organes. Rigides, ils deviennent eux-mêmes douloureux. Pour finir, «on observe un embrasement cortical. En d’autres termes une réaction du cerveau qui augmente la perception de la douleur», indique le Dr Lhuillery.

C’est sur ces deux dernières dimensions, corporelles et psychologiques, que la médecine douce fait parfois des miracles. Selon la professionnelle, 70 % de ses patientes se déclarent soulagées à 70 %, un peu moins de la moitié (45 %) le sont entièrement et 8 % lui échappent. L’ostéopathie et plus particulièrement la fasciathérapie «relancent la circulation sanguine et lèvent les tensions ligamentaires», explique le Dr Lhuillery. Grâce à une manipulation douce concentrée sur la région du bassin, la technique redonne de la mobilité aux tissus internes. Elle agit ainsi sur le système digestif, vaginal, utérin et même les lombaires.

La mésothérapie repose sur le même principe que l’acupuncture, à la seule différence que le praticien pique la zone douloureuse et non le corps en entier. Chez les patientes atteintes d’endométriose, on se concentre sur la région du bassin. Le cerveau sécrète alors des endomorphines, des substances anti-douleur. La seringue utilisée est imbibée de deux produits injectés sous la peau et non dans le sang : «un anesthésique local qui agit sur les petits nerfs et un myorelaxant musculaire qui détend les muscles et les rend moins douloureux», ajoute la professionnelle.

Pour ces deux pratiques, la sensation de confort est pratiquement immédiate, l’enjeu étant ensuite de la faire perdurer. Pour ce faire, une solution : le sport. Piscine, yoga, running, aucune pratique sportive n’est à proscrire. Le principal est de trouver l’activité qui convient le mieux à la patiente.

La nutrition, si elle ne soigne pas la maladie, constitue aussi un complément de soins primordial pour atténuer les douleurs et les symptômes. Faut-il adopter un régime anti-inflammatoire ? Les avis des médecins divergent. Une chose est sûre, sans changer radicalement de régime alimentaire, plus que jamais, il faut manger équilibré, de préférence des produits frais et bio. Pour la médecin nutritionniste Corinne Chicheportiche-Ayache, «les patientes doivent plutôt adopter un régime anti-inflammatoire avec des oméga-3 et éviter les oméga-6, plutôt pro-inflammatoires». En pratique, on se tourne vers les huiles de lin, de noix ou encore de colza. Les poissons gras comme le saumon (bio), les maquereaux ou les harengs sont indispensables pour leur teneur en «bons gras». Les fruits rouges, les légumes verts à feuilles (épinards, choux) ou le chocolat noir sont intéressants pour leur richesse en antioxydants. Les légumineuses (haricots, lentilles, fèves) et les épices ont aussi des vertus anti-inflammatoires. On évite : les oméga-6 présents dans l’huile de tournesol et les produits riches en maïs. Les gras saturés contenus dans la junk food, les produits raffinés (pâtisserie, biscuiterie, soda), la charcuterie, les produits laitiers riches en matières grasses, laits et fromages sont aussi à proscrire.

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Rééduquer le cerveau avec l’hypnose et la méditation

Apprendre au cerveau à se détacher de la douleur

Chaque cerveau réagit différemment. Les expériences et les traumatismes vécus conditionnent les réflexes et les réactions qui sont ensuite traduits par le cerveau. Chez les patientes endométriosiques, qui souffrent de douleurs chroniques, il répond sur le mode automatique. «En hypnothérapie, on le rééduque pour renvoyer une réponse la moins pénible possible. On lui apprend à réduire l’information et à se détacher de la douleur», précise le Dr Lhuillery. Une sorte de béquille qui aide au quotidien.

La méditation, elle, est moins immédiate mais tout aussi efficace. Elle intervient simplement dans un cadre plus large : accepter le mal. Depuis les années 1980, la science explore ce terrain pour gérer les douleurs chroniques. En 1985, les travaux du docteur en biologie moléculaire américain Jon Kabat-Zinn montraient que la méthode diminuait leur intensité et leur répercussion émotionnelle. En novembre dernier, le psychologue Christian Hoenner nous en expliquait le fonctionnement : «Les adeptes essaient de ne plus lutter contre la souffrance mais de faire avec. Lorsqu’elle est chronique, il s’agit d’une chose que l’on ne peut pas changer, alors on l’accepte. C’est l’exact inverse de la résignation.» La douleur devient plus gérable.

La sophrologie, va quant à elle jouer sur l’esprit mais aussi le corps, en détendant la patiente. «La pratique permet de mieux appréhender et mieux maîtriser un stress qui arrive», conclut le Dr Lhuillery. D’autres disciplines des médecines chinoise, japonaise ou indienne, comme le Tai-Chi, le Qi Gong, le shiatsu ou le yoga aident. Malheureusement, l’ostéopathie, la mésothérapie, ou encore la sophrologie ne sont toujours pas remboursées par la Sécurité sociale, sauf si elles sont pratiquées par un médecin.

Plus d’informations sur : Endofrance, ENDOmind ou encore le Centre de l’endométriose du groupe hospitalier Saint Joseph.

article issue du site : madame.lefigaro.fr